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Regard d'historien

Regard d'historien a pour vocation de vous informer sur l'histoire de la gendarmerie nationale : actualités culturelles, publications, travaux universitaires, sans pour autant prétendre à l'exhaustivité.

Recension : De Gaulle, « l’angoisse et la grandeur »

Publié le 19 Août 2026 dans Seconde Guerre Mondiale, histoire, guerre, militaire, Livre, Recension, Général de Gaulle

Comme annoncé hier, la rentrée de Regard d’historien commence par une lecture de poids, au sens propre comme au sens figuré !

À l’occasion de la parution en format poche, dans la collection « Tempus » chez Perrin, de la remarquable biographie qu’Arnaud Teyssier a consacrée au général de Gaulle, j’ai eu le plaisir d’en proposer une recension pour La Cliothèque des Clionautes, association des professeurs d'histoire et de géographie. Cette nouvelle édition compte 864 pages et s’enrichit d’une postface inédite.

Je remercie Les Clionautes de m’avoir offert l’occasion de me confronter à cet ouvrage particulièrement stimulant.

Ma recension complète est désormais disponible sur La Cliothèque :

https://clio-cr.clionautes.org/charles-de-gaulle-langoisse-et-la-grandeur-2.html

Bonne lecture… de la recension, mais surtout du livre !

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Regard d’historien fait sa rentrée !

Publié le 19 Août 2026

Après un été reposant… mais aussi studieux, il est temps de reprendre le chemin du blog et de retrouver le rythme de nos rendez-vous autour de l’histoire, de la recherche et de la mémoire.

Au programme des prochaines semaines, j'aurai le plaisir de vous proposer :

- une recension de la stimulante biographie du général de Gaulle par Arnaud Teyssier, à l’occasion de sa parution en format poche ;

- et dans la continuité, une modeste tentative d'analyse critique du diptyque La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry ;

et, bien sûr, la reprise des informations, publications, colloques, appels à contributions et autres actualités qui font vivre la recherche historique.

Pour celles et ceux qui seraient passés à côté en juillet, je rappelle la publication de mon dernier article dans les pages de The Conversation: Forces de l’ordre et recours aux armes : comment la Révolution française a posé les termes du débat

Très belle rentrée à toutes et à tous… et à très vite pour les premiers billets !

 

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Nouvel article dans The Conversation : quand la Révolution française éclaire le débat sur l'usage des armes

Publié le 29 Juillet 2026 dans Usage des armes, Assemblée nationale, Gendarmerie, article, défense, forces de sécurité, histoire, maréchaussée, militaire, police, presse

J'ai le plaisir de vous annoncer la publication de mon dernier article pour The Conversation : Forces de l'ordre et recours aux armes : comment la Révolution française a posé les termes du débat.

 

Profitant des débats suscités par la récente proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes, je vous propose de revenir aux origines de la doctrine française de la force publique.

En effet, contrairement à une idée répandue, les principales questions qui nourrissent aujourd'hui les controverses ne sont pas nouvelles !

 

J'espère que cette mise en perspective historique contribuera à enrichir un débat marqué par la polarisation des positions.

 

Bonne lecture !

 

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Pourquoi les jeunes chercheurs devraient écrire pour The Conversation

Publié le 2 Août 2026 dans Médias, Transmission, article, histoire, presse

À l'occasion de la publication de mon sixième article pour The Conversation, je voudrais attirer l'attention des doctorants, jeunes docteurs et jeunes enseignants-chercheurs sur l'intérêt de publier dans les médias, et dans celui-ci en particulier.

J'entends ici les réticences de quelques collègues, dont j'ai fait d'ailleurs partie pendant longtemps : quel intérêt s'agissant de simples tribunes ou d'un exercice de vulgarisation sans véritable intérêt scientifique ? Pourtant, je peux dire aujourd'hui que mon expérience est tout autre.

Depuis 2015, The Conversation France, dont je tiens à préciser que je ne détiens aucune action, occupe une place originale dans le paysage médiatique. Média généraliste en ligne, porté par les établissements d'enseignement supérieur et de recherche sous la forme d'une association à but non lucratif, il s'est forgé l'ambition de mettre la recherche au service du débat public. Les articles sont écrits par des universitaires et des chercheurs, puis travaillés avec des journalistes afin d'être accessibles au plus grand nombre, sans sacrifier la rigueur scientifique.

En quoi cette collaboration est-elle enrichissante ? Elle oblige le chercheur à se poser des questions essentielles : quelle est l'idée centrale de mes travaux ? Pourquoi cette recherche intéresse-t-elle la société ? Comment expliquer des notions complexes sans les dénaturer ? En d'autres termes, il ne s'agit pas de simplifier la science, quel que soit son objet, mais de la rendre intelligible pour tous.

L'autre intérêt, que j'ai pu mesurer, réside dans la diffusion de ses contenus. Les articles, publiés sous licence Creative Commons, sont régulièrement repris par de nombreux médias nationaux et régionaux, permettant aux travaux des chercheurs de toucher un public bien plus large que celui des seules revues scientifiques. Ce fut notamment mon cas pour mon article d'avril 2024, qui fut repris et diffusé intégralement dans les pages du journal Sud Ouest.

À une époque où la place de la science, en particulier de l'histoire, dans le débat public est parfois remise en question, voire tout simplement oubliée, cette médiation me paraît faire pleinement partie des missions de l'universitaire.

Permettez-moi donc d'encourager les jeunes chercheurs à franchir le pas. Engagez-vous ! Vous découvrirez une autre manière d'écrire, de présenter vos recherches et de dialoguer avec la société. L'exercice est exigeant,  parfois déstabilisant, croyez-en mon expérience, mais il est extrêmement formateur. Je peux même dire qu'il m'a été d'une grande aide dans l'élaboration de mon livre.

En effet, contrairement à une idée reçue, publier dans les médias, et en particulier pour The Conversation, ne consiste pas à abandonner les standards académiques, bien au contraire : il s'agit de mettre son expertise au service de tous. C'est aussi cela la transmission des savoirs !

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Avis aux chercheurs : la Chaire HiGeSeT ouvre ses portes

Publié le 22 Juillet 2026 dans Gendarmerie, forces de sécurité, histoire, militaire, recherche

La Chaire HiGeSeT (Histoire Gendarmerie Sécurité et Territoires) poursuit depuis plusieurs années un travail remarquable en faveur du développement de la recherche consacrée à l'histoire des forces de l'ordre. Elle lance aujourd'hui un appel à celles et ceux qui souhaitent rejoindre cette dynamique en qualité de chercheur associé ou de doctorant affilié.

Loin d'être un simple rattachement institutionnel, l'affiliation permet de participer à une véritable communauté scientifique, de bénéficier d'échanges réguliers avec d'autres chercheurs, de valoriser ses travaux dans les publications de la chaire, de présenter ses recherches lors de journées d'étude ou de colloques, mais également d'être informé de l'actualité scientifique dans le domaine de l'histoire des forces de l'ordre.

Les chercheurs affiliés peuvent également être accompagnés dans leurs travaux, notamment pour identifier les fonds d'archives, les centres de ressources et les outils documentaires les plus adaptés à leurs recherches.

 

Une discipline en plein essor

Depuis une vingtaine d'années, l'histoire des forces de l'ordre connaît un profond renouvellement. Longtemps restée à la marge de la recherche universitaire, elle s'est progressivement imposée comme un champ d'étude à part entière, mobilisant des historiens, des juristes, des politistes, des sociologues et des spécialistes des questions de sécurité.

Cette évolution est particulièrement stimulante. Elle favorise le croisement des approches, renouvelle les questionnements et permet d'aborder sous un jour nouveau des institutions aussi essentielles que la gendarmerie, la police ou les autres forces chargées de la sécurité publique.

 

Une opportunité pour les jeunes chercheurs

Chercheur associé à cette chaire, j'ai eu l'occasion de mesurer tout l'intérêt d'un tel réseau. Je ne peux donc qu'encourager les étudiants en master, les doctorants et les docteurs qui s'intéressent à ces thématiques à se rapprocher de la Chaire HiGeSeT.

N'oublions jamais que l'histoire progresse grâce aux chercheurs qui la font vivre ! Alors n'hésitez pas à vous renseigner sur le site de la chaire et à prendre contact avec elle via les réseaux sociaux ou sur ce blog (je me ferai un plaisir de faire le relais).

ici : La Chaire HiGeSeT - CRGN - Gendarmerie nationale

ou

ici : Chaire HiGeSeT - Histoire, Gendarmerie, Sécurité & Territoire(s) : posts | LinkedIn

 

 

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Bel été à toutes et à tous !

Publié le 18 Juillet 2026

L'été est une invitation à ralentir le rythme. Le temps des vacances, des retrouvailles familiales, des découvertes, mais aussi celui où l'on prend enfin le temps de lire un ouvrage resté trop longtemps sur une étagère, de visiter un musée, de parcourir un site historique ou simplement de s'accorder quelques instants de pause.

Comme chaque année, le blog entre lui aussi dans une période estivale, avec des publications un peu moins fréquentes. L'actualité de l'histoire de la gendarmerie, de la recherche et de la mémoire continuera naturellement d'alimenter ces pages, mais à un rythme plus apaisé.

Je souhaite profiter de cette parenthèse pour vous adresser un immense merci. Merci pour votre fidélité, parfois depuis le début de cette aventure. Merci pour vos lectures, vos commentaires, vos messages, vos suggestions d'ouvrages, vos partages sur les réseaux sociaux et les échanges toujours enrichissants qu'ils suscitent.

Au fil des années, ce blog est devenu bien davantage qu'un simple espace de publication. Il est devenu un lieu de rencontre entre passionnés d'histoire, chercheurs, militaires d'active ou de réserve, étudiants, enseignants, archivistes et tous ceux qui considèrent que la mémoire est une richesse à préserver et à transmettre. Votre intérêt et votre fidélité sont la plus belle récompense pour les heures consacrées à la recherche, à l'écriture et à la réflexion. 

En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous un très bel été.

Prenez soin de vous… et bonnes lectures !

A très bientôt...

 

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Au drapeau !

Publié le 13 Juillet 2026 dans Actualité, GIGN, Garde républicaine, Gendarmerie, Loyada, Transmission, armées, commémorations, défense, forces de sécurité, histoire, hommage, militaire, mémoire, patrimoine, télévision, 14 juillet

Chaque année, au matin du 14 juillet, un même rituel se répète sur les Champs-Élysées : le défilé militaire. En tête des unités, la Gendarmerie nationale et son drapeau précède les unités qui défilent sous les yeux des Français. Le geste, immuable et familier, cache un lien méconnu entre la fête nationale et l'histoire même de cet emblème.

 

Un drapeau, bien plus qu'un symbole

Commençons par rappeler que, dans les armées, un drapeau n'est jamais un simple morceau d'étoffe. Il est en effet le dépositaire de l'histoire d'une institution, le témoin silencieux de ses campagnes, de ses sacrifices et de ses traditions. Il incarne aussi la continuité entre les générations qui l'ont porté et celles qui continuent aujourd'hui de servir sou ses plis.

La gendarmerie ne fait naturellement pas exception puisque son drapeau raconte plus de deux siècles d'engagement au service de la Nation.

 

Un 14 juillet sous le symbole des drapeaux

Le lien unissant la fête nationale et les drapeaux débute en 1880, lorsque la IIIe République institue le 14 juillet comme fête nationale. Une grande cérémonie est alors organisée à Longchamp à l'occasion de laquelle le président Jules Grévy remet aux régiments leurs nouveaux drapeaux. L'événement revêt un écho particulier pour une France qui panse encore les blessures de la guerre de 1870. Ces emblèmes représentent donc un symbole fort, celui de l'unité retrouvée de l'armée.

La Garde républicaine reçoit alors son drapeau d'infanterie et son étendard de cavalerie. Cette singularité tient au fait que la Garde républicaine comporte à la fois des régiments d'infanterie et un régiment de cavalerie. Or, le drapeau est l’emblème des unités combattants à pied et l'étendard celui des unités montées. Ceci explique donc pourquoi la Garde républicaine possède donc ces deux emblèmes.

 

14 juillet 1913 : la gendarmerie reçoit son drapeau

Le 14 juillet 1913, sur l'hippodrome de Longchamp, où le défilé militaire a traditionnellement lieu jusqu'à la Première Guerre mondiale, le président de la république, Raymond Poincaré, remet solennellement à la gendarmerie départementale son premier drapeau. Cette reconnaissance fait suite aux initiatives d'un officier de l'Arme, le capitaine Henri Seignobosc, relayées par des autorités politiques, comme le rappelle le commandant Haberbusch1. Le capitaine Seignobosc souhaite célébrer au travers de ce drapeau "le souvenir des gendarmes tombés un jour de gloire, face à l'ennemi, et de ceux morts obscurément en marchant au devoir".

L'événement, tant attendu par les gendarmes, est relayé par Le Petit Journal qui publie ce jour-là dans un supplément illustré une gravure sur le drapeau des gendarmes. L'illustration montre notamment les noms des quatre batailles majeures qui y figurent : Hondschoote (1793), Villodrigo (1812), Taguin (1843) et Sébastopol (1855)2. Le drapeau de la gendarmerie porte également la devise "Honneur et Patrie", qui montre bien que l'emblème incarne bien davantage qu'un symbole : il est le dépositaire de la mémoire collective de l'institution.

 

Le 14 juillet, un rendez-vous régulier avec l'histoire de la gendarmerie

Cette tradition de remise de drapeau à l'occasion de la fête nationale se perpétue tout au long du XXe siècle, en particulier pour la Gendarmerie nationale.

La Garde républicaine mobile reçoit en effet son drapeau le 14 juillet 1930, puis son étendard pour son unité blindée quatre ans plus tard. En 1937, c'est au tour de l’École des officiers de la gendarmerie, aujourd'hui Académie militaire de la gendarmerie, de recevoir son drapeau des mains du président Albert Lebrun.

Le 14 juillet est ainsi devenu, au fil des décennies, une date importante pour la mémoire de la gendarmerie.

 

14 juillet 2026 : 50 ans après Loyada

Cette année, le GIGN mettra en scène, dans le cadre de la retransmission télévisée de la fête nationale, un assaut directement inspiré d'un fait marquant de son histoire : l'opération de Loyada.

Le choix n'est naturellement pas un hasard. Il marque en effet le cinquantième anniversaire d'une opération fondatrice, conduite le 4 février 1976, à la frontière entre Djibouti et la Somalie, par le tout jeune GIGN. Par son audace, sa maîtrise et son innovation tactique, Loyada fit entrer le GIGN dans l'histoire des unités d'intervention. La reconstitution proposée ce 14 juillet constituera donc autant un hommage aux pionniers du Groupe et une démonstration des capacités de l'unité.

N'hésitez pas à écouter préalablement l'épisode de Gens d'armes consacré à Loyada pour bien comprendre la reconstitution télévisée.

 

Au drapeau

Chers lecteurs, lorsque vous regarderez le drapeau de la Gendarmerie nationale ouvrir le défilé du 14 juillet, vous ne verrez plus seulement un emblème militaire. Vous y verrez les gendarmes des guerres révolutionnaires et impériales, ceux des campagnes d'Afrique, des deux conflits mondiaux, les combattants d'Indochine et d'Algérie, les gendarmes tombés en opérations extérieures ou sur le territoire national, ainsi que tous ceux qui au quotidien servent la Nation ici et à l'étranger.

Prenez le temps d'écouter ces symboles auxquels les chants militaires donnent la parole. Ils ne racontent pas seulement le passé. Ils rappellent, chaque 14 juillet, que le service de la France est une chaîne ininterrompue dont chaque génération reçoit un maillon avant de le transmettre à la suivante. 

N'oublions pas que les traditions ne valent que parce qu'elles continuent d'inspirer ceux qui les font vivre.

 

Belle fête nationale à toutes et à tous !

 

 

 

1 Benoît Haberbusch, "La remise du drapeau de la gendarmerie le 14 juillet 1913", Histoire et Patrimoine des Gendarmes, n° 7, septembre 2013, pp. 12-13.

2 Deux inscriptions seront ajoutées après 1945. Elles ne désignent pas des batailles proprement dites mais des campagnes militaires : Indochine (1945-1954) et Afrique du Nord (1952-1962). 

 

 

 

 

 

 

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Une opportunité pour les historiens du fait militaire

Publié le 9 Juillet 2026 dans Gendarmerie, Recrutement, armées, défense, histoire, militaire

Les occasions de concilier recherche historique, enseignement, expertise au plus haut niveau de l’État sont suffisamment rares pour être signalées !

Le Service historique de la Défense (SHD) recrute actuellement un chargé de mission "expert de haut niveau en histoire", un poste destiné à un docteur (ou titulaire d'une HDR) en histoire contemporaine, spécialisé dans le fait militaire, avec une expertise portant de préférence sur le domaine terrestre et les conflits postérieurs à 1945.

Pour les historiens qui souhaitent donner une nouvelle dimension à leur parcours, cette offre mérite toute votre attention.


Détail de l'offre d'emploi ici : 

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/recrutement/offres-d-emploi/charge-de-mission-expert-de-haut-niveau-en-histoire

 

N'hésitez pas à partager cette publication autour de vous : elle pourrait intéresser un collègue, un doctorant ou un jeune docteur.

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Le général René Omnès : plus qu'un nom de promotion, un héritage

Publié le 28 Juin 2026 dans AMGN, Gendarmerie, Indochine, Libération, Résistance, Seconde Guerre Mondiale, Transmission, armées, commandement, guerre, histoire, hommage, militaire, mémoire, patrimoine

Le 25 juin 2026, l'Académie militaire de la gendarmerie nationale a baptisé sa 132e promotion du nom du général René Omnès. Comme dans toutes les écoles militaires, le choix d'un nom de promotion n'est jamais anodin. Il ne consiste pas seulement à honorer une personnalité du passé ; il propose également un modèle auquel les futurs officiers sont invités à se référer tout au long de leur carrière.

Mais qui était réellement René Omnès ? Pourquoi son parcours peut-il encore résonner aujourd'hui auprès des officiers de gendarmerie ?

Au-delà de la figure héroïque que la mémoire institutionnelle retient volontiers, l'historien que je suis s'intéresse surtout à un homme confronté très jeune à des choix difficiles, à un chef forgé dans les épreuves de la Résistance, puis à un officier général convaincu que le commandement ne peut s'exercer sans exemplarité ni sens des responsabilités.

Un engagement né du refus de la défaite

René Omnès n'a que seize ans lorsque la France s'effondre en juin 1940. Fils de gendarme, il se trouve alors en Bretagne avec sa mère, où il tente de rejoindre l'Angleterre. Le projet échoue, mais cette tentative est l'acte fondateur de sa vie, celui du refus de la défaite.

Dans le témoignage qu'il livre plusieurs décennies plus tard lors d'un colloque consacré à l'histoire de la gendarmerie et de la Seconde Guerre mondiale, il évoque une scène qui le marque profondément :

" Je vois les soldats français aller jusqu'à la pointe du Finistère, jeter leurs armes à l'eau [...] puis se rendre aux Allemands [...]. Cela me laisse une impression terrible. "

Cette phrase, sans emphase, éclaire le cheminement d'un adolescent confronté à l'effondrement de son pays. Il ne s'agit pas d'une vision romantique d'un engagement qui serait une évidence, mais plutôt celle plus pragmatique d'une réaction face au choc de la débâcle : " un monde français vient de mourir. L'aube succède toujours à la nuit... ", écrit-il dans son ouvrage Pourquoi as-tu fait cela...mon fils ?

Résister

De retour à Paris, René Omnès poursuit ses études tout en observant les initiatives clandestines prises par certains gendarmes autour de lui.

Son témoignage est particulièrement intéressant sur ce point. Il raconte comment son père, gendarme à la caserne Exelmans, participe avec plusieurs camarades à la délivrance de faux documents permettant à des soldats français d'échapper à la captivité.

Il écrit ainsi :

" Sans ordre, le premier acte de résistance des gendarmes consiste à délivrer de faux fascicules et des pièces de démobilisation [...] pour leur éviter la captivité. "

Ce témoignage est significatif à deux titres. Tout d'abord, il montre que les premières actions de résistance des gendarmes émergent parfois très tôt, dès 1940, comme le montre également l'exemple de Maurice Guillaudot. Naturellement, l'historien ne saurait généraliser à l'ensemble de l'Arme ce qui relève alors de l'initiative individuelle.

Le témoignage du général Omnès est également révélateur de l'état d'esprit de nombre de gendarmes sous l'Occupation, partagés entre " conscience professionnelle et devoir militaire et patriotique ", comme le souligne l'historien François Boulet. Celui-ci y voit même " un bon indicateur du double jeu social de la période 1940-1944: une France officielle, apparente, et une France clandestine en formation, s'imposant, pétrie dans l'apprentissage du mensonge humanitaire ou patriotique, du faux rapport pour le vrai refuge juif ou des réfractaires du STO ".

Autant d'initiatives discrètes dont la mémoire collective a longtemps sous-estimé l'importance.

À vingt ans, l'épreuve du commandement

Envoyé en Haute-Saône comme instituteur suppléant, René Omnès entre progressivement dans la clandestinité avant de prendre la tête du maquis 82, sous le pseudonyme de " Simoun ", " en raison du vent sec et froid que, paraît-il, je déplaçais de jour comme de nuit " explique-t-il. Il n'a alors qu'une vingtaine d'années.

Ce qui frappe à la lecture de son témoignage n'est pas seulement son courage, mais la lucidité avec laquelle il analyse les responsabilités qui lui incombent. Conscient de son inexpérience, il cloisonne les groupes afin de limiter les conséquences des arrestations, refuse d'intégrer plus d'hommes qu'il ne pense pouvoir commander efficacement et impose une discipline exigeante.

À ceux qui souhaitent rejoindre son unité, il rappelle une règle simple :

" À tous ceux qui désirent intégrer le maquis, je leur dis qu'ils ne sont pas là pour se planquer mais pour se battre. "

Cette phrase résume sa conception presque innée du commandement. L'autorité ne repose ni sur le grade ni sur l'ancienneté: elle se construit par l'exemple, la compétence et la confiance.

Fidèle à ses principes

La guerre confronte cependant les chefs à des situations où aucune décision n'est pleinement satisfaisante. Le récit du général Omnès évoque plusieurs épisodes douloureux, notamment les difficultés liées aux prisonniers, aux blessés ou encore aux combattants étrangers engagés dans la Résistance.

Il insiste pourtant sur un principe constant :

" Nous nous sommes toujours comportés en soldats face aux Allemands. Les prisonniers ont toujours été respectés. "

Cette affirmation ne gomme évidemment pas la violence de la guerre. Mais elle rappelle qu'au sein même des combats les plus durs, certains chefs considèrent que l'efficacité militaire ne dispense jamais du respect de certaines règles, à commencer par l'humanité. Cette fidélité à une éthique du commandement apparaît d'ailleurs comme l'un des fils conducteurs de toute sa carrière.

" Entrer par la grande porte "

À la Libération, René Omnès poursuit le combat au sein du bataillon de marche de Haute-Saône avant de participer à la campagne d'Alsace puis d'Allemagne. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, cette période ne correspond pas, dans son souvenir, à une forme d'euphorie.

Il confie même :

" Pour nous, combattant depuis des mois, la Libération n'est pas euphorique [...]. Nous regardons faire, un peu laissés de côté. "

Ce regard nuancé rappelle que les parcours des résistants ne se confondent pas toujours avec le récit national construit après-guerre.

En août 1945, alors que sa carrière militaire semble déjà toute tracée, René Omnès choisit pourtant de préparer les concours des grandes écoles militaires. À son colonel qui tente de l'en dissuader, il répond, une nouvelle fois, par les actes. Plus tard, il résumera son choix en une formule qui en dit long sur son caractère : " Si je reste dans l'armée je désire y entrer par la grande porte, je ne veux rien devoir à la Résistance ".

Reçu à Saint-Cyr, il rejoint ensuite l'École d'application de la gendarmerie à Melun en 1949. Sa carrière le conduit successivement en Indochine, à différents commandements territoriaux, à la tête de la gendarmerie maritime puis de la 6ᵉ région de gendarmerie.

Un passeur de mémoire

Lorsqu'il quitte le service actif en 1983, le général Omnès ne cesse pas pour autant de servir. Il multiplie les engagements associatifs, publie plusieurs ouvrages consacrés à la Résistance, à l'Indochine et à la gendarmerie, tout en participant régulièrement à des colloques et conférences.

On lui doit également une initiative aujourd'hui bien connue de tous les gendarmes : les démarches entreprises auprès du Saint-Siège qui aboutissent, en 1962, à la reconnaissance officielle de Sainte Geneviève comme patronne de la gendarmerie.

À travers ces engagements, il poursuit une même ambition : transmettre.

Le témoignage, une source pour l'historien

Le témoignage du général Omnès constitue une source précieuse pour comprendre son parcours hors du commun et, plus largement, certaines formes d'engagement dans la Résistance.

Comme tout récit autobiographique, il doit cependant être abordé avec le regard critique propre à l'historien. Rédigé plusieurs décennies après les faits, il mêle le souvenir de l'expérience vécue à la reconstruction de la mémoire.

Son intérêt réside précisément dans cette double dimension, d'autant que les témoignages de gendarmes sont rares. Il éclaire non seulement les événements auxquels le général Omnès a participé, mais aussi la manière dont un ancien chef de maquis devenu général de gendarmerie choisit de raconter son itinéraire et les valeurs qu'il souhaite transmettre aux générations suivantes.

Plus qu'un hommage, un héritage

Alors pourquoi avoir choisi le général Omnès comme parrain de la 132ᵉ promotion de l'Académie militaire de la gendarmerie nationale ?

La réponse ne tient probablement pas seulement à l'accumulation de ses décorations, ni même à l'exceptionnelle richesse de sa carrière. Elle réside surtout, me semble-t-il, dans la conception exigeante du commandement qui se dégage de l'ensemble de son parcours. À vingt ans déjà, il apprend que commander consiste moins à donner des ordres qu'à assumer des responsabilités. Quelques décennies plus tard, devenu général de gendarmerie, il demeure fidèle à cette même exigence de discipline, d'exemplarité et d'humanité.

En choisissant son nom, l'Académie militaire de la gendarmerie nationale ne célèbre donc pas seulement une figure majeure de son panthéon. Elle rappelle que les qualités attendues d'un officier — le courage, le sens de l'État, la capacité à décider dans l'incertitude et le souci constant des hommes placés sous son commandement — demeurent, aujourd'hui encore, au cœur de l'identité militaire de la gendarmerie.

C'est sans doute là le véritable héritage du général René Omnès qu'il appartient désormais à la 132e promotion de l'AMGN d'incarner et de perpétuer.

 

Pour aller plus loin
  • " Témoignage du général René Omnès, Chef du maquis 82 (1943-1945)", actes du colloque du 26 octobre 2006, Force publique, n° 2, 2007.
  • René Omnès, Pourquoi as-tu fait cela, mon fils ?, Paris, Éditions La Musse, 1991.
  • Caroline Pérocheau-Arnaud, " Sans peurs et sans reproches " ? Itinéraires du général de gendarmerie René-Louis Omnès, master 2, dir. J.-N. Luc, université Paris-Sorbonne, 2015.
  • François Boulet, "Résistance passive et gestes d'entraide du gendarme face au juif et au réfractaire du service du travail obligatoire", actes du colloque du 26 octobre 2006, Force publique, n° 2, 2007.
  • Jean-Noël Luc (dir.), Soldats de la loi. La gendarmerie au XXe siècle, Paris, PUPS, 2010.
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Nouvel épisode de Gens d'armes : Les gendarmes et la petite reine

Publié le 27 Juin 2026 dans Garde républicaine, Gendarmerie, Tour de France, Vélo, forces de sécurité, histoire, militaire, mémoire, patrimoine, police, podcast, sport, uniforme

À l'occasion du prochain départ du Tour de France et du début des vacances estivales, le nouvel épisode de Gens d'armes vous emmène à la découverte d'une histoire aussi surprenante que méconnue, une véritable révolution à 2 roues : l'histoire du vélo en gendarmerie !

Au fil de cet épisode, vous découvrirez comment la « petite reine » a transformé le service des gendarmes, mais aussi celui des policiers avec les célèbres « Hirondelles » du préfet Lépine, avant de laisser place aux motos...mais sans disparaître pour autant.

Une nouvelle plongée dans l'histoire de la gendarmerie, à l'occasion d'un événement sportif qui lui est intimement lié depuis plus de 120 ans.

🎙️ Le nouvel épisode est disponible dès aujourd'hui sur toutes les plateformes d'écoute, notamment ici :

https://smartlink.ausha.co/gens-d-armes-de-la-marechaussee-a-la-gendarmerie-nationale/du-cheval-a-la-petite-reine-l-incroyable-histoire-des-gendarmes-cyclistes

N'hésitez pas à le partager et à le commenter.

Bonne écoute !

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